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Portrait du vainqueur de la 5ème étape : Stuart O'Grady

Publié le 08/07/2004 20:45

Le portrait du vainqueur du jour : Stuart O'Grady, lauréat de la 5ème étape du Tour de France à Chartres.
Vélo 101 vous dresse, chaque soir, le portrait du vainqueur du jour. Aujourd'hui, Stuart O'Grady, victorieux à Chartres.

Adopté depuis des années par le pays toulousain, Stuart O'Grady n'en renie pas pour autant sa nationalité australienne. Né le 6 août 1973 à Adélaïde, le poursuiteur-sprinter rouquin est installé à Labarthe-sur-Lèze depuis quasiment ses débuts pros chez Roger Legeay en 1995 (Gan). Une fidélité presque jamais démentie pour cette région et son équipe, puisque Stuart, huit ans après, appartenait toujours au même groupe, aujourd'hui le Crédit Agricole. Depuis Janvier, Stuart a décidé de se relancer au sein de la Cofidis. A l'instar de ses frères "aussies", Stuart est un enfant de la piste australienne. C'est en poursuite qu'O'Grady excelle. Il appartient très tôt à l'équipe nationale et truste les titres, notamment les mondiaux. Il devient champion du monde de poursuite par équipe en 1993 puis 1995. Quelques sacres individuels viennent compléter la jolie moisson, comme ce titre de champion d'Australie des Scratchs.

Honneur qui lui permet de faire admirer une grande pointe de vitesse. Les techniciens français sont à l'affût. Legeay parvient à le convaincre de venir en France et de s'essayer sur route. Nous sommes en 1995 et Stuart glane son premier bouquet pro lors de la 5ème étape du Circuit de la Sarthe. Il apprend et poursuit sa carrière sur piste avec en point de mire les Jeux d'Atlanta. Il en ramènera deux médailles de bronze (poursuite par équipes et la course aux points). O'Grady s'impose une seule fois sur route, dans le Tour de Murcie. A l'inverse de beaucoup de ses collègues des derniers hectomètres, Stuart n'hésite absolument pas à se lancer dans de grandes échappés à plusieurs. D'ailleurs, nous avons pu nous en apercevoir sur l'actuel Tour : avec Jérôme Pineau entre Nevers et Lyon, ou il y a trois jours dans la fugue vers... Toulouse.

Son plus grand succès, Stuart va ainsi le construire. Sur le Tour 1998, il est omniprésent mais ne peut jouer les victoires au sprint : Steels, Cipollini, Zabel ou Svorada lui sont supérieurs. Lors de la 14ème étape, Valréas-Grenoble, alors qu'il vient de bien digérer les Pyrénées, Stuart s'extirpe en compagnie de cinq compagnons d'infortune : Orlando Rodrigues, Van Bon, Meinert, Desbiens et Calcaterra. Le peloton les abandonne. La traversée du Vercors n'handicape pas trop Stuart, qui parvient à suivre. Au sprint, il ne laisse pas passer une si belle occasion et bat Calcaterra. L'Italien sera même déclassé pour irrégularité. Autre caractéristique du sympathique Australien : il est devenu le "dauphin privilégié" du roi au Maillot Vert, Erik Zabel.

A trois reprises (1998, 1999, 2001), O'Grady finit 2ème du classement par points. Qui n'a pas en mémoire, l'homérique bataille en 2001 dans les faubourgs parisiens. Sur cette dernière étape Corbeil-Paris, Stuart porte ce Maillot Vert avec une minime marge de 2 points sur Zabel. La veille , l'Allemand s'en était rapproché en gagnant à Evry. Mais Erik termine ce Tour beaucoup plus frais que Stuart. Et la Telekom possède l'expérience de ces sprints. Lors de deux "points chauds", Zabel récupère virtuellement le paletot. Le classement se jouera bien sur les Champs-Elysées. Jan Svorada domine le déboulé sur les pavés. Zabel contrôle parfaitement O'Grady. Il fait 2, Stuart 3. Le Maillot Vert repart une nouvelle fois à Berlin.

Il est certain que Stuart qui voue un grand amour à la France et à ce Tour ne cesse de tourner autour. Sa seule victoire d'étape ne doit pas dissimuler son nombre d'accessits : 10 (2ème à La Châtre en 97, 3ème à Neuchâtel et à Paris en 98, 2ème à Thionville et 3ème à Laval puis Blois en 99, 2ème à Loudun en 2000, 2ème à Evry et 3ème à Paris en 2001, 3ème à Pau en 2002). Car Stuart, s'il passe relativement convenablement la montagne, est un ton en dessous des "gros", son palmarès s'en ressent. Par contre ses qualités de rouleurs lui permettent de varier les possibilités et d'agrandir son horizon, comme lors de sa victoire aux Jeux du Commonwealth l'an passé. O'Grady est tout de même parvenu à inscrire quelques envieuses lignes : 1 étape au Midi-Libre (Decazeville en 2000), la Classic Haribo en 1999, 1 étape au Tour du Luxembourg et le Tour d'Angleterre (dénommé le Prutour) en 1998. Stuart se partage bel et bien entre Toulouse et sa terre natale. Et c'est avec grand plaisir qu'il part y courir pendant l'hiver européen. Ne pas en revenir bredouille. Il nous en a ramené un Tour Down Under (1999) et un beau maillot blanc à liserés jaune et vert de champion d'Australie, qu'il arborait fièrement en ce Tour 2003.

Pour 2004, Stuart décidait d'une remise en question. Changer de maison, rédéfinir de nouveaux objectifs, découvir un nouveau staff. La Codifis lui plaisait, l'Australien partait la rejoindre, lorgnant notamment sur les classiques. Cinquième du Tirreno-Adriatico, O'Grady enchainait par une troisième place lors de la Primavera. Erik Zabel et surtout Oscar Freire s'étaient montrés plus rapides. Stuart s'imposait ensuite pour la première fois sous son maillot Cofidis, lors d'une épreuve de Coupe de France, le GP de Villers-Côtterets. Mais LA course peut être de sa carrière, Stuart allait la fournir lors du récent Dauphiné Libéré. Hors le classement par points qui lui revenait de droit, l'Aussie multiplia les places ... et les victoires avec la manière. Deuxième à Bron, troisième à St Etienne, quatrième à Aubenas, Stuart s'offrait une échappée à plusieurs vers Sisteron. Il y battait le dernier d'entre eux, George Hincapie. O'Grady de poursuivre son euphorie lors de la dernière escale dauphine via ... le Vercors et le Chartreuse. Après avoir résisté à Sandy Casar, Stuart terminait seul à Grenoble. Du grand art pour un coureur trop souvent sous-estimé.

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